Une seconde pour une critique de film ? (je vous en propose des tonnes)

Ghosts of Mars

Ghosts of MarsDans un future éloigné sur la planète Mars, une équipe de police est chargée de transférer un dangereux criminel de sa prison. Arrivée sur les lieux, elle découvre une ville hantée. Après de rapides recherches, l’escadron se retrouve face à une troupe de sauvages sanguinaires dont l’unique objectif est de massacrer tout ce qu’il trouve sur leur passage.

Évidemment pour apprécier un film coup de poing comme « Ghost Of Mars », il faut connaître et apprécier l’inénarrable univers en carton pâte de Carpenter. Encore plus que « New-York 1997 » et « Vampires », « Ghost Of Mars » s’avère être une oeuvre viscérale qui évite toute demi-mesure et se soucie bien peu des « Qu’en dira-t-on ». Le côté brut du film emporte tout sur son passage, y compris la cohérence scénaristique et, ultime provocation, les messages sous-jacents auxquels nous avait habitué le réalisateur dans le passé.

Encore une fois, Carpenter nous offre son style, sa vision, ses excès. Les personnages-types évoluent dans un univers à mi-chemin entre la BD et la série fauchée. La planète Mars est un simple prétexte pour recréer une atmosphère brûlante et angoissante où des barbares se ruent sur tout ce qui bouge. La bande-son est sans doute l’une des plus riches que le réalisateur est composé : les musiques (hard-core électronique) et les percussions installent un climat à la fois lourd, rythmé et angoissant qui contribue grandement à l’efficacité du film.

Dans cette univers, la cohésion du scénario a peu d’importance, seul le postulat de départ est primordial : quelques individus se trouvent traqués par une horde de barbares et le but du jeu est de savoir quel est le clan qui va survivre. Cela se réglera exclusivement à la mitraillette et à la grenade côté gentil, et aux couperets aiguisés côté méchant. Le reste est secondaire et permet simplement d’établir une ligne directrice. Mais il ne faut pas assimiler cette singulière prise de position à de la fainéantise. Formellement, « Gosth of Mars » reste très travaillée et on a souvent l’impression d’être plongé dans une bande-dessinée de science-fiction dont l’unique but, et non des moindres, est de distraire et de se faire oublier aussi vite. A côté de cela, on retrouve la patte du réalisateur au travers de la réalisation : plans subjectifs, singularité de la violence, situations parfois cocasses et art du détail…

Le film peut également se concevoir comme un hommage aux films de morts-vivants puisqu’il reprend certains éléments des plus célèbres d’entre eux : personnages traqués, apparition mystérieuse de monstres à l’apparence humaine, propagation insurmontable du mal… La différence, c’est qu’ici, une fois n’est pas coutume chez Carpenter, le propos n’est pas particulièrement pessimiste mais plutôt léger comme nous le prouve la fin très détachée.

Encore une fois, Carpenter nous offre une oeuvre forte, source de polémiques et qui ne satisfera peut-être même pas tous les fans du maître de l’horreur. Il s’agit bel et bien d’une oeuvre instinctive aux vertus défoulatoires qui évite toute forme de complexes. Du Carpenter à l’état brut.

Le nouveau Carpenter arrive enfin avec « Ghosts of Mars », et même si l’on y retrouve de nombreux thèmes classiques qui sont chers à « Big John », le film va vite apparaître comme une petite oeuvre de série B qui ne fera guère honneur à son auteur.

Dans un futur proche, la planète Mars est colonisée par les humains à des fins d’exploitation minière. Plusieurs agents de sécurité sont dépêchés dans l’un des centres d’extraction afin de procéder au transfert d’un prisonnier suspecté de meurtres sauvages. Mais à leur arrivée ils découvrent un incroyable carnage.

Filmé avec les moyens du bord, « Ghosts of Mars » ressemble à une bande dessinée réalisée sans originalité et trop rapidement . On est vite déçu, d’un côté par des dialogues insipides frisant le ridicule et dont les messages sont absolument totalement desservis par certains acteurs ( merci au monolithique Ice Cube ) et de l’autre, par des moyens et des effets techniques d’un autre âge :décors en carton-pâte, explosions de maquettes complètement manquées, utilisation d’images de synthèse de 1ère génération. Pourtant Carpenter avec peu de moyens a toujours su s’en tirer !
Et même si l’ambiance sonore est excellente, elle élève péniblement à un niveau supérieur le peu d’atmosphère générale du film.

On peut reconnaître au moins une qualité à Carpenter, c’est la fidélité qu’il a démontré à ses idées et qu’il a une nouvelle fois prouvée dans « Ghosts of Mars ». On y redécouvre tout son cynisme au travers de sa critique envers la déshumanisation de la société : les mineurs, pauvres et désoeuvrés, ne trouvent de réconfort que dans la drogue et le sexe auprès des prostitués, tandis que le pouvoir et les forces de sécurité font preuve, tels des pantins, d’une froideur totale face aux événements.
Encore une fois ses héros sont des marginaux : le chef des agents de sécurité, ouvertement lesbienne, dirige ses officiers dont l’une (la sculpturale Natasha Henstridge) se drogue pour s’évader de la réalité et s’allie à une bande de truand pour faire face à un ennemi qui apparaît aussi étrangement que dans « Fog ».

Les notions d’enfermement et d’isolement font également penser à « Escape from New York » ou «Escape from Los Angeles », tandis que le style des guerriers et la férocité des combats se rapprochent beaucoup plus d’un « Mad Max 2 » que d’un quelconque des films de John Carpenter.

Tout cela pour dire qu’à moins d’être un fan absolu de ses oeuvres (et encore !) ou d’être amateur de série très B, vous risquerez de vous ennuyer ferme en regardant « Ghosts of Mars », dont le seul fantôme semble être le film lui même.

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