Une seconde pour une critique de film ? (je vous en propose des tonnes)

Gerry

GerryDeux jeunes hommes prénommés Gerry se dirigent en voiture vers un lieu dont on ne connait rien. Approchant du but et espérant éviter la foule, ils décident de continuer leur périple à pied. Quittant les chemins balisés, ils se perdent et s’enfoncent petit à petit dans la vallée de la mort.

« Gerry » est un film minimaliste et contemplatif… deux acteurs filmés dans le désert pendant 1H43mn et c’est à peu près tout ! Les plans sont longs, très longs, si bien qu’il n’est pas rare de suivre les deux protagonistes arpenter les étendues désertiques sous un soleil brûlant
pendant plus de cinq minutes, et ce, sans échanger le moindre mot.
Difficile de vous faire ressentir le magnifique de certains plans. Est-ce cette extrême lenteur, la photographie rendant avec force la brutalité de la nature et des décors désertiques, ou tout à la fois ? Si vous avez vu Elephant, il est difficile d’éviter de les comparer tant ces deux films semblent issus d’un même élan artistique, vous savez à peu près à quoi vous attendre. C’est à dire cette capacité étonnante qu’a Gus Van Sant à tirer le meilleur parti d’un vide scénaristique apparent et le magnifier afin de toucher les spectateurs au plus profond d’eux mêmes.

Les interprétations de ce parcours initiatique sont multiples mais aucune ne nous est pointée du doigt par un Van Sant détaché se contentant de filmer ses acteurs sans le moindre parti pris, dans un chaos filmique savamment organisé. De même, le traitement sonore s’avère prodigieux, qu’il s’agisse du vent soufflant brutalement le long des contrées arides du désert, le sol craquant avec rythme sous la démarche robotisée de nos deux héros (quasiment désincarnés) ou les grondements
sourds et lointains, ce soucis du détail force le respect.

Bien que minimaliste, la musique s’avère riche en émotions. Des quelques notes espacées jouées au piano accompagnant la majeure partie du voyage à la musique avant-gardiste envoûtante et hypnotique qui nous amène vers un dénouement d’une puissante désolation. L’occasion de matérialiser un parallèle osé entre le Van Sant de « Gerry » et le Kubrick de « 2001: A Space Odyssey ». Avec « Gerry », nous assistons à un trip de 100 mn souvent éprouvant (le spectateur se déshydrate au même rythme que les protagonistes), parfois ennuyeux mais toujours sublime et qui n’a pas fini de nous hanter !

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